Après un sinistre, on parle vite de vétusté, de plafonds ou de franchise. Une question vient pourtant avant les montants : le dommage que vous constatez est-il un incendie au sens de l’assurance ?
Le Code des assurances y répond dans un court chapitre consacré aux assurances contre l’incendie. Quelques articles, rarement cités, fixent un socle que votre contrat peut élargir. Les connaître change la façon de lire vos conditions générales.
Une brûlure n’est pas forcément un incendie
Selon l’article L122-1 du Code des assurances, l’assureur contre l’incendie répond des dommages causés par « conflagration, embrasement ou simple combustion ». Le même texte écarte, sauf convention contraire, les dommages dus à « la seule action de la chaleur » ou au contact direct d’une substance incandescente, lorsqu’il n’y a eu ni incendie ni commencement d’incendie susceptible de dégénérer.
Concrètement, un tissu roussi par un fer à repasser ou une moquette marquée par une cigarette peuvent rester hors de la garantie incendie telle que la loi la définit. Ils ne sont couverts que si votre contrat le prévoit, souvent sous une rubrique distincte consacrée aux brûlures ou aux dommages dits ménagers.
La loi dessine un socle, le contrat l’élargit ou non. Tant que vous ne savez pas où passe cette frontière, vous ne savez pas vraiment ce que vous avez assuré.
Ce que la loi rattache d’office au feu
Par défaut, seuls les dommages matériels résultant directement de l’incendie ou de son commencement sont à la charge de l’assureur, sauf convention contraire (art. L122-2). Frais de relogement, perte d’usage, honoraires divers : tout ce qui dépasse ce périmètre dépend donc des garanties inscrites au contrat.
La loi étend pourtant ce socle sur deux points souvent ignorés. Les dégâts causés à vos biens assurés par les secours et les mesures de sauvetage sont assimilés aux dommages directs. Et l’assureur répond des objets perdus ou disparus pendant l’incendie, à moins de prouver qu’il s’agit d’un vol (art. L122-3 et L122-4).
Le même article L122-2 encadre aussi la durée de l’expertise : si elle n’est pas terminée trois mois après la remise de l’état des pertes, vous pouvez faire courir les intérêts par sommation ; au-delà de six mois, chaque partie peut saisir le juge.
Un contrat incendie couvre aussi le vent
Autre effet légal méconnu : un contrat qui garantit les dommages d’incendie à des biens situés en France ouvre droit à la garantie contre les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones (art. L122-7). Les vents cycloniques les plus violents relèvent, eux, du régime des catastrophes naturelles. Les conditions de cette garantie, franchise comprise, se lisent dans votre contrat.
Notre méthode : lire le contrat à la lumière de la loi
Ce site ne vend aucun contrat et ne perçoit aucune commission. Son parti pris : vous apprendre à lire une garantie incendie comme le fera l’assureur le jour du sinistre. Avant de signer ou de renouveler, posez trois questions à votre contrat :
- Les brûlures sans incendie sont-elles garanties, et sous quelle rubrique ?
- Quels frais, au-delà des dommages matériels directs, le contrat prend-il en charge, et dans quelles limites ?
- Quelles franchises et quels plafonds s’appliquent à la garantie tempête ?
La rubrique Comprendre la garantie incendie détaille ces clauses une à une. Notre guide pour choisir son assurance incendie déroule la méthode complète, et le comparatif des garanties incendie applique cette grille de lecture aux conditions générales de plusieurs contrats du marché.
Aucune de ces pages ne peut garantir qu’un sinistre sera indemnisé : seul votre contrat fait foi. Elles vous donnent les moyens de savoir, avant d’en avoir besoin, ce qu’il couvre réellement.